Portail d'information du Réseau d'organisations de la société civile Camerounaise œuvrant pour les Tics et le développement durable du Cameroun
D'autres problèmes soulevés précédemment ont été de nouveau entendus à Garoua cette année : les caprices pluviométriques, le relâchement de l'appui conseil, l'enclavement des zones de production, l'accélération de la dégradation des sols, etc. Toutes ces entraves installent le Septentrion dans un équilibre alimentaire instable. Le spectre de la famine plane en permanence et notre pays continue de tendre la sébile aux partenaires au développement pour exorciser la menace. La production cotonnière est dans l'impasse. La société d'expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (Semry) court désespérément après son passé. L'outil technique étant pratiquement hors d'usage. Bien plus, l'essentiel de sa production prend curieusement la direction du Nigeria alors que les populations du Septentrion achètent du riz indien ou thaïlandais à des prix prohibitifs.
Le gouvernement se défausse
La sécurité alimentaire est fortement menacée dans les ménages. Le vice-Pm se réjouit de la distribution des semences améliorées de maïs, de riz et de sorgho aux producteurs et multiplicateurs. Des semences qui n'arrivent pas toujours aux légitimes destinataires. Particulièrement vanté, le projet d'appui à l'installation des jeunes agriculteurs à Wassandé, près de Ngaoundéré avance pourtant avec beaucoup de peine du fait de prédateurs de la fortune publique tapis au sein de la délégation régionale du Minader pour l'Adamaoua. Du point de vue de l'octroi du matériel agricole avec la participation des coopérations chinoises, indiennes et libyennes, on est fondé de se demander à qui profite ce matériel ? L'on a encore frais dans nos mémoires, l'affaire des tracteurs qui se sont retrouvés soigneusement garés dans les villas de certains ministres et autres pontes du régime.
Jean Nkuété déroule un nouveau catalogue de promesses
"Il s'agit au cours de la campagne agricole 2009 de lever les contraintes et de mettre un accent particulier sur les actions innovantes pour que le secteur agricole continue à assurer son rôle moteur de relance de notre économie nationale". Ainsi s'exprimait le Minader le 12 mai 2009 à Garoua devant la paysannerie des trois régions septentrionales. Pour le ministre, la révolution agricole va se matérialiser dans cette partie du pays, entre autres, par la mise en valeur continue des terres irrigables pour la production du riz et autres céréales, ainsi que des cultures maraîchères, notamment la vallée du Logone, les périmètres de Yagoua, de Maga et de Lagdo.
La Semry pourrait recevoir un crédit de 1,2 milliards Fcfa en attendant la mise en oeuvre du projet de développement de la riziculture et de la production d'oignons financées par le Fonds international de développement agricole (Fida) en faveur de la partie septentrionale. Le soutien du gouvernement à la culture du coton va se poursuivre, à en croire le vice-Pm. La somme de 1,250 milliard devrait échoir aux producteurs de coton. L'office céréalier aura désormais un rayonnement national avec un accent particulier sur l'achat des denrées dans les zones de production et leur acheminement dans les zones à risque d'insécurité alimentaire. La mise en oeuvre du projet d'appui au développement de la micro finance rurale et l'avènement d'une banque agricole est aussi attendus. En 2010, on fera le point sur toutes ces promesses. Pourvu que la montagne n'accouche pas de nouveau d'une souris.