Les pertes annuelles imputables à cette situation sont évaluées à environ trois milliards de francs Cfa. Au Cameroun, le rapport de vente, entre un logiciel Microsoft et des logiciels tiers est de 1/7. En effet et selon les données de la représentation sous-régionale Afrique Centrale, de l’entreprise américaine, 1000 FCfa de produits vendus, génèrent 7000 FCfa de revenus parallèles. C’est beaucoup moins de la moitié de ce que produisent des pays comme le Kenya ou le Nigéria, qui ont pourtant la réputation de ne pas être des environnements faciles, en termes de protection des droits d’auteurs. Ce qui fait dire à Anthony Same que, « après avoir raté le développement industriel au 20e siècle, la Cameroun est entrain de passer à côté du développement technologique ». Quand on sait que les dépenses informatiques augmentent chaque année de 6%, dans le monde.
Pourtant, nombre de personnes interrogées estiment que cette sorte de fraude à ciel ouvert est imputable à la paupérisation caractéristique de la société Camerounaise. Mais pour Elise Mballa, Présidente du Conseil d’Administration de la Société Civile des Droits de la Littérature et des Arts Dramatiques, cette excuse n’est pas valable, puisqu’il est acquis que « la piraterie est un crime, un vol ». Pour elle, « le vrai problème c’est le refus de payer. Il faut que les gens apprennent à payer les droits d’utilisation des logiciels, comme ils le font pour l’électricité ou l’eau ». Le problème est donc général, celui de la défiance des camerounais vis-à-vis de la loi. Mounom Mbong, Magistrat, estime, quant à lui, que « l’accès au savoir a un prix, qu’il faut pouvoir payer. Cela est d’autant plus grave que la quasi unanimité des camerounais quant à nécessité de la fraude est inacceptable ». « Il s’agit d’un domaine éminemment important, puisqu’il influe sur le développement social, intellectuel, industriel et économique », renchérit-il. Si pour Microsoft Afrique Centrale, il s’agissait de sensibiliser les usagers des logiciels, sur le bon droit des concepteurs et auteurs, pour la Sociladra, l’action va se poursuivre avec une phase coercitive.