camedevelop.net publie dès ce jour, des extraits du document de travail : « CamerounVision 2035 ». Ce document a été rendu public par le ministère de l’économie de la planification et de l’aménagement du territoire. Pour les rédacteurs "La Vision du Cameroun à l’horizon 25-30 ans est la suivante : «Le Cameroun: un pays émergent, démocratique et uni dans sa diversité».La réalisation d’une telle Vision nécessite cependant la maîtrise de certaines menaces, risques et hypothèques tels que les transitions politiques, la stabilité sociale et les hétérogénéités régionales du développement, les effets érosifs de la mondialisation et les effets de marée de l’économie nigériane»
RESUME EXECUTIF
L’approche normative a été utilisée pour «formuler une vision volontariste du développement à long terme du Cameroun». Cet exercice vise à donner un ancrage de long terme au Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) en cours de révision. Il s’agit de fonder les stratégies du nouveau DSRP sur un cap reflétant les aspirations profondes des camerounais avec un horizon suffisamment long pour anticiper les changements structurels de la société. Ces changements se perçoivent à travers cinq facteurs qui, en même temps qu’ils
justifient l’exercice de formulation de la vision à long terme, constituent les défis de celle-ci. Après les avoir examinés, le document aborde la formulation de la vision, ses stratégies de mise en oeuvre et les menaces, risques et hypothèques qui y sont attachés.
1. Les enjeux
Le premier défi est celui de la consolidation du processus démocratique et du renforcement de l’unité nationale. Le Cameroun est construit sur une mosaïque ethnique et linguistique sur laquelle se superposent d’autres facteurs de divergence (religion, politique, corporation, etc.). La construction d’un Etat – Nation sur cette hétérogénéité s’est souvent heurtée à certaines forces centrifuges et à des velléités de replis identitaires. Malgré les progrès réalisés en la matière, la consolidation des acquis en matière d’intégration nationale, de paix, de
justice, de cohésion sociale et de démocratisation demeure un défi. Au niveau politique en particulier, la consolidation du processus démocratique pose l’enjeu de l’existence d’un Etat de droit, de la promotion et du respect des libertés individuelles et collectives, de la séparation des pouvoirs, de l’émergence d’une société civile forte et responsable et de la participation de tous les segments de la société à la gestion de la cité.
Le deuxième défi est celui de la croissance économique et de l’emploi. Malgré la reprise amorcée à la suite de la dévaluation du franc CFA en 1994, la croissance reste fragile tant dans sa dynamique que dans ses effets attendus sur l’amélioration des conditions de vie. Une analyse de ses sources montre qu’elle est à plus de 50%, le fait des Ménages et Entrepreneurs Individuels, secteur regroupant en majorité des unités exerçant dans
l’informel (agriculture et commerce notamment), et dont le caractère structurellement erratique des performances ne saurait garantir une croissance soutenue. Le pays est en effet confronté à la difficulté de se doter d’un secteur industriel compétitif, en raison notamment de sa mauvaise insertion dans l’économie mondiale et de la faiblesse des capacités opérationnelles au niveau national. A ce problème s’ajoute celui de la répartition de la richesse créée ; la part rémunérant le capital n’ayant cessé de grignoter celle réservée aux revenus salariaux et autres cotisations sociales. L’interpellation concerne donc une croissance forte et équitablement répartie.
Le troisième défi est d’ordre socio démographique. La vigueur démographique qui caractérise la population camerounaise a accentué le poids de la population à charge (jeunes et vieux) et modifié sa répartition spatiale. La forte proportion des jeunes accroît les besoins en infrastructures et services sociaux, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Elle génère une importante main d’oeuvre que le système économique ne peut absorber et qui de ce fait, est contrainte de se recycler dans des activités informelles, mal rémunérées et sans adéquation avec leur formation. Pour la vision, le défi est de faire de la population du Cameroun un facteur moteur de son développement à travers une croissance démographique maîtrisée, la formation du capital humain et l’allongement de l’espérance de vie.
Le quatrième défi est celui du développement urbain et de l’aménagement du territoire. Si le rythme d’urbanisation actuel se poursuit, plus de 75% de la population camerounaise vivra dans les villes d’ici 25-30 ans. Les problèmes qu’engendrent une urbanisation accélérée et mal maîtrisée, déjà prépondérants dans les métropoles de Douala et Yaoundé se décupleraient si aucune action prospective n’est engagée. Pour la Vision, il s’agit d’anticiper le développement indispensable des villes, grands centres de consommation et réserves de facteurs nécessaires à tout essor industriel. Le dernier défi est celui de la gouvernance. Il renvoie à une utilisation efficiente et efficace du potentiel et des ressources humaines, matérielles et financières dont dispose le pays pour son développement. Ce défi conditionne la bonne intégration du Cameroun dans l’économie mondiale.
2. La vision et ses objectifs
La Vision du Cameroun à l’horizon 25-30 ans est la suivante : «LE CAMEROUN : UN PAYS EMERGENT, DEMOCRATIQUE ET UNI DANS SA DIVERSITE». Elle s’appuie sur les résultats des études rétrospectives, le recensement des besoins et aspirations des populations et les ambitions des politiques. En particulier, elle systématise les aspirations et visions exprimées par les différents acteurs et se résume comme suit :
• une nation unie, solidaire et jouissant d’un environnement de paix et de sécurité ;
• une démocratie réelle, forte et juste ;
• une administration décentralisée et au service du développement ;
• une économie prospère et dotée d’infrastructures performantes ;
• une économie basée sur l’intégration sous-régionale et régionale ainsi que sur l’insertion internationale;
• une démographie à croissance maîtrisée ;
• Une Nation favorisant l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions
électives autant que leur égalité professionnelle ;
• une femme au rôle social renforcé et économiquement autonome ;
• une famille stable et harmonieuse ;
• un accès de tous aux services sociaux de base de qualité ;
• une justice indépendante et accessible à tous ;
• un niveau de pauvreté, d’analphabétisme et d’exclusion sociale résiduel ;
• une culture camerounaise affirmée dans son unité plurielle, attrayante et exportable au plan
international ;
• un niveau de chômage et de sous-emplois résiduel ;
• une jeunesse bien formée exaltant le mérite et l’expertise nationale ;
• une allocation équitable de ressources entre villes et campagnes et entre les régions du pays.
La vision retient comme objectif global devenir un pays émergent à l’horizon de 25-30 ans, qui est aussi celui nécessaire à l’avènement d’une génération nouvelle. Celui-ci intègre un ensemble d’objectifs intermédiaires qui sont : (i) la réduction de la pauvreté ; (ii) l’atteinte du stade de pays à revenus intermédiaires et ensuite, (iii) l’atteinte du stade de Nouveau Pays Industrialisé et (iv) la consolidation du processus démocratique et de l’unité
nationale dans le respect de la diversité qui caractérise le pays.
La réduction de la pauvreté consistera à la ramener à un niveau résiduel socialement tolérable par, d’une part, une croissance forte, soutenue et créatrice d’emplois, et, d’autre part, par une intensification, une généralisation et une amélioration des services sociaux (santé, éducation, logement, formation, eau, électricité, voies de communication, etc.). Le stade de pays à revenus intermédiaires concrétisera l’objectif de doubler au moins le revenu moyen pour faire passer le pays de la classe des pays à faible revenu à celle des pays à revenu
intermédiaire à travers une accélération de la croissance qui devra atteindre les deux chiffres d’ici 2017 et se maintenir à ce niveau pendant un nombre d’années suffisant. L’ambition du Cameroun est au plan industriel de faire passer son économie de la phase primaire à la phase de deuxième import substitution avec une production manufacturière contribuant à plus de 23% du PIB, contre 11% actuellement et un secteur secondaire dans son ensemble (y compris les industries extractives) représentant plus de 40 % du PIB. A l’émergence qui est le stade final de cette vision, l’économie camerounaise sera intégrée à l’économie mondiale aussi bien d'un point de vue commercial (exportations importantes) que financier (ouverture des marchés financiers locaux aux capitaux extérieurs).
L’unité et la démocratie à renforcer et à consolider au Cameroun sont celles qui émergent d’une conscience et d’une analyse perspicace de l’histoire du pays et de celle des autres peuples du monde. La vision d’une nation unie et solidaire repose sur la préservation de la paix et de la solidarité nationale. L’unité nationale qui doit être une construction permanente et volontariste se rapporte à un processus d’unification des différentes composantes de la société (régions, provinces, ethnies, cultures, générations, sexe, classe sociale, classes
intellectuelles, civiles et militaires, corporations, opinions et religions, etc.). La paix et la démocratie tirent leurs fondements de la liberté, de l’égalité et de la souveraineté du peuple camerounais.
Ces objectifs intermédiaires se déclinent en objectifs sectoriels soutenus par un ensemble d’indicateurs spécifiques avec des cibles. La détermination des cibles s’est appuyée sur l’expérience de pays ayant réussi leur émergence. Dans le domaine macro économique, la vision retient la nécessité d’accélérer la croissance au moyen de l’intensification des activités sylvo agro pastorales et piscicoles et d’un saut technologique industriel avec un accent sur la valorisation des matières premières locales. Elle envisage une modification de la structure de
l’économie qui devra passer d’une dominance des activités primaires (agriculture et extraction) et tertiaires informelles à un stade où le secteur secondaire sera prépondérant, le primaire intensif et le tertiaire professionnel, spécialisé et créateur d’emplois décents. Pour y parvenir, la Vision retient l’accélération de l’investissement comme moteur de la croissance.
Le développement de l’industrie et une politique commerciale ambitieuse devront entraîner progressivement une modification de la structure du commerce extérieur vers une intégration plus vigoureuse dans les échanges régionaux et mondiaux.
Dans le domaine socio démographique, les objectifs sont de faire de la population l’acteur principal de son propre développement à travers une politique volontariste de création d’emplois décents, d’accroître l’espérance moyenne de vie en améliorant les conditions de vie à travers une généralisation de l’offre et de la qualité des services sociaux, de maîtriser l’accroissement de la population en tenant compte des exigences de la croissance économique, de réduire les écarts entre les riches et les pauvres par l’amélioration du partage des fruits de la croissance économique, et d’accroître la solidarité nationale et la protection sociale des couches vulnérables.
Dans le secteur rural, une révolution agricole est visée. Elle devra aboutir à une hausse de la productivité à travers l’intensification des activités et le changement d’échelle des exploitations agricoles. Dans le domaine industriel, la Vision retient de faire de l’essor industriel le moteur du développement du pays. Elle se fixe comme objectifs de faire émerger un secteur manufacturier compétitif nécessaire pour générer des ressources, soutenir la croissance, l’emploi, les exportations et l’intégration à l’économie mondiale. Cet essor industriel s’appuiera sur le développement des infrastructures, l’allègement des coûts des facteurs et la promotion de nouveaux modes de financement.
3. Les stratégies de mise en oeuvre
Pour parvenir aux résultats escomptés, un ensemble de stratégies globalesd’opérationnalisation de la vision est envisagé. En termes de phasage, le pays visera dans un premier temps à jeter les bases d’une croissance forte grâce à d’importants investissements dans les infrastructures et à la modernisation rapide de l’appareil de production, en accompagnant cet effort d’une amélioration significative du climat des affaires et de la gouvernance ainsi que d’une volonté affirmée de donner à cette croissance un contenu riche en emplois. En second lieu, le pays se focalisera sur les voies et moyens de maintenir la croissance à un rythme élevé, de réaliser même avec retard les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et de mobiliser largement la collectivité nationale dans la lutte contre les effets des changements climatiques. La troisième phase sera celle au bout de laquelle le pays devra avoir atteint le stade de pays émergent, ouvert sur le monde et s’appuyant sur une structure de production et d’exportation à dominance industrielle.
Il jouira alors d’une croissance de qualité, reposant sur les acquis des deux premières phases, tirée par l’intensification des échanges régionaux et internationaux et bénéficiant de l’avènement d’un système financier enfin capable de mobiliser à l’intérieur comme à l’extérieur les financements nécessaires pour soutenir la demande de consommation comme celle d’investissement. Ces phases seront soutenues par une stratégie d’industrialisation ambitieuse, une stratégie d’intégration nationale et de consolidation du processus démocratique, une stratégie de promotion du secteur privé, une stratégie de gouvernance et de bonne gestion avec en toile de fond une stratégie d’allocation des ressources, une stratégie d’intégration sous régionale, régionale et internationale, une stratégie de partenariat et d’aide au développement, et une stratégie de financement du développement.
4. Les menaces, risques et hypothèques La réalisation des ambitions fixées et l’atteinte des objectifs ainsi arrêtés nécessitent de maîtriser certains facteurs institutionnels, politiques, sociologiques et internationaux qui se présentent comme des menaces, des risques et des hypothèques à la vision. Au niveau politique et institutionnel, il s’agit des questions de transitions politiques, de participation, de justice sociale, de gestion du double héritage francophone et anglophone, et d’équilibre des pouvoirs. Au niveau sociologique, ce sont les comportements induits par la fragmentation sociologique qu’il faudra juguler. Au plan international, c’est la mondialisation avec sa cohorte de contraintes qu’il faut anticiper ainsi que la grandissante influence de l’économie nigériane.
DECLARATION DU GOUVERNEMENT
Le Gouvernement a entrepris, en participation avec la société civile, le secteur privé et les partenaires au développement la formulation d’une vision à long terme pour le développement du Cameroun dans un horizon de 25 – 30 ans. Cette opération signale une réorientation qualitative majeure dans l’histoire économique de notre pays au cours de ces vingt dernières années. Jusqu’en 1985 en effet et pendant deux décennies de croissance régulière, l’économie camerounaise a enregistré des taux de croissance réels de l’ordre de 7%. L’Etat assurait l’essentiel des missions, même dans les secteurs productifs et l’économie s’appuyait sur les plans quinquennaux comme outil de pilotage à court et à moyen termes du développement sur la base des perspectives à long terme.
Avec la crise qui se déclare en 1985, le Gouvernement entreprend des mesures de relance économique et réalise, avec l’appui des bailleurs de fonds, des programmes de stabilisation et d’ajustement structurel qui ont entraîné la mise en veilleuse des réflexions sur le moyen et le long terme. Le Cameroun va ainsi exécuter de manière satisfaisante une longue thérapie qui prendra de multiples contours successifs avant d’aboutir, en 2006, à l’atteinte du Point d’Achèvement de l’Initiative Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) qui se traduit par une remise substantielle de sa dette.
La croissance retrouvée depuis les lendemains de la dévaluation n’a cependant pas atteint une vigueur durable susceptible de réduire la pauvreté dans un terme proche. A l’évidence, la multiplicité des cadres de référence de l’action économique fonctionnant sans une vision commune et cohérente constitue l’une des lacunes majeures de notre politique économique. Il s’en suit d’importants dysfonctionnements, une absence d’arbitrage rationnel dans la sélection des programmes, un déséquilibre dans l’aménagement régional, un impact de l’investissement public fortement réduit et une faible appropriation d’outils d’évaluation, de coordination et de réorientation des appuis financiers extérieurs. Le Cameroun, pour renforcer la reprise économique amorcée depuis une décennie et l’asseoir durablement, doit donc inscrire à nouveau ses politiques de développement dans une perspective plus large et plus globale. D’où la nécessité de se doter d’une Vision Prospective, préalable à toute stratégie nationale de développement à long terme. A la suite d’une démarche participative associant toutes les forces de la Nation et fondée sur les Grandes Ambitions du Chef de l’Etat, les études structurelles du système, les aspirations des populations camerounaises et les engagements internationaux souscrits par le Gouvernement, il s’est dégagé une vision partagée du Développement au Cameroun.
Cette vision propose des réponses aux aspirations profondes des camerounais sur un horizon suffisamment long pour anticiper les changements structurels de la société. L’évolution proposée fait face à quatre défis majeurs : la croissance économique qui reste végétative, la vigueur démographique, l’urbanisation explosive et la gouvernance insuffisante. Ces défis ont permis de définir les objectifs sectoriels et des indicateurs spécifiques en prenant comme base de référence quatre pays qui ont, à un moment de leur histoire présenté une architecture économique analogue à celle du Cameroun : l’Indonésie, la Malaisie, le Maroc et la Tunisie. La Vision qui en a découlé a retenu comme objectif principal: Devenir un pays émergent à l’horizon 2035, en suivant quatre objectifs fondamentaux:
1. L’éradication de la pauvreté, en la ramenant à moins de 10% par une croissance accélérée et créatrice d’emplois et une politique ambitieuse de redistribution des revenus à travers notamment l’intensification, la généralisation et l’amélioration des services sociaux (santé, éducation, formation, eau, électricité, voies de communication, …).
2. Le stade de pays à revenus intermédiaires visera à multiplier le revenu moyen par la consolidation, sur une durée suffisamment longue, du rythme de croissance qui devrait atteindre 10% d’ici 2017, grâce notamment à une diversification plus poussée des activités économiques.
3. Le stade de Nouveau Pays Industrialisé qui verra le passage de la phase d’économie primaire à la phase de deuxième import substitution avec une production manufacturière contribuant à plus de 23% du PIB.
4. Le stade de pays émergent qui consacrera notre intégration à l'économie mondiale sur le plan commercial (exportations importantes) et financier (ouverture des marchés financiers aux capitaux extérieurs).
Cette vision s’appuie sur un cadre de référence bâti sur quatre axes d’action :
- Dans le domaine macroéconomique, il sera nécessaire, tout en préservant la stabilité macroéconomique, d’accélérer la croissance en investissant massivement dans les infrastructures et la modernisation de l’appareil de production. L’hypothèque que fait peser la crise énergétique sur la croissance devrait s’en trouver durablement levé. Les efforts concomitants à réaliser en vue de l’amélioration significative du climat des affaires et de la gouvernance devraient faciliter la mobilisation des financements internes et externes nécessaires au développement.
- Dans le domaine sectoriel, il sera urgent et indispensable, pour résoudre la crise alimentaire et faire du Cameroun le grenier de l’Afrique Centrale, d’intensifier les activités sylvo-agro-pastorales et piscicoles et de passer à une structuration plus professionnelle du monde rural, dominée par les grandes et moyennes exploitations. Le développement de l’exploitation des ressources du sous-sol devrait attirer en priorité les investissements directs étrangers et permettre ici et là l’acquisition de nouvelles technologies.
Le développement de l’industrie et une politique commerciale ambitieuse entraîneront la prédominance du secteur secondaire, avec un primaire intensif et un tertiaire professionnel, spécialisé et fournisseur d’emplois décents. Concomitamment devrait apparaître une modification de la structure du commerce extérieur vers une intégration moins timide dans les échanges mondiaux.
- Dans le domaine socio démographique, les objectifs sont de faire de la population l’acteur principal de son propre développement à travers une politique volontariste de création d’emplois décents, d’accroître l’espérance moyenne de vie en améliorant les conditions de vie à travers une généralisation de l’offre et de la qualité des services sociaux, de maîtriser l’accroissement de la population en tenant compte des exigences de la croissance économique, de réduire les écarts entre les riches et les pauvres par l’amélioration du partage des fruits de la croissance économique, et d’accroître la solidarité nationale et la protection sociale des couches vulnérables.
- Dans le domaine de l’aménagement du territoire, l’enjeu stratégique sera de maîtriser l’espace, de protéger l’environnement et de lutter contre les effets déjà perceptibles des changements climatiques.
Il s’agira aussi de favoriser un développement régional et local autonome mais complémentaire des actions de l’Etat, d’anticiper et de planifier le développement incontournable des villes, grands centres de consommation, principaux centres de production de richesses et réservoirs de facteurs nécessaires à tout essor industriel, Ces axes d’actions seront soutenus par une stratégie d’industrialisation ambitieuse, une stratégie de promotion du secteur privé, une stratégie de gouvernance avec en toile de fond une stratégie d’allocation des ressources, une stratégie d’intégration sous régionale, régionale et internationale, et une stratégie de partenariat et d’aide au développement. La réalisation d’une telle Vision nécessite cependant la maîtrise de certaines menaces, risques et hypothèques tels que les transitions politiques, la stabilité sociale et les hétérogénéités régionales du développement, les effets érosifs de la mondialisation et les effets de marée de l’économie nigériane.
S’agissant de l’opérationnalisation de cette vision, la philosophie fondamentale reste la Déclaration de Paris qui stipule que chaque pays se doit définir de manière autonome sa propre politique de développement, les Partenaires ne venant qu’en appui de manière judicieuse et disciplinée. De ce fait, la chaîne de toutes les opérations : diagnostic, orientations stratégiques, planification, programmation, exécution et suivi évaluation devraient se faire de manière concertée et conjointe. Cette vision constitue ainsi le cadre de référence qui doit inspirer les politiques sectorielles et régionales, les stratégies nationales, les plans de développement et la coopération
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