Portail d'information du Réseau d'organisations de la société civile Camerounaise œuvrant pour les Tics et le développement durable du Cameroun
Ces derniers jours, les usagers du téléphone portable ont constaté que le nombre d'appels manqués a augmenté brusquement. Là où le bât blesse, c'est que ces multiples désagréments subis par les usagers du téléphone cellulaire leur coûtent cher. En clair, leur crédit diminue sans cesse, alors même que la liaison n'a pas été établie et la communication consommée. Cette situation provoque régulièrement des éclats de voix et même des bagarres dans les « call box », lorsqu'un client refuse de payer la note, au motif qu'il n'a pas eu son correspondant au bout du fil, alors que le tenancier soutient le contraire, en lui prouvant que l'appel a bel et bien coupé son crédit de communication.
C'est finalement de guerre lasse que la pièce de 100 francs est brandie par l'usager, presque convaincu d'avoir payé pour rien. Naturellement, en face, on lui répond que ce désagrément n'est pas imputable au gérant du « call box », mais aux opérateurs, MTN Cameroon et Orange Cameroun. Les obligations en matière de qualité de service et de couverture territoriale (dans un certain nombre de localités et d'axes routiers) sont contenues dans le cahier de charges annexé à la convention de concession signée entre l'Etat du Cameroun et les opérateurs de la téléphonie cellulaire.
Les opérateurs se sont engagés, en vertu de l'article 2.7 des cahiers de charges, à mettre leurs services en oeuvre afin d'offrir au minimum, au plus tard quatre ans après la mise en vigueur de la convention de concession, et par la suite pendant toute la durée de la concession, une disponibilité générale continue le long de toutes les routes principales reliant tous les chefs-lieux des provinces (devenues régions) et le long des routes principales jusqu'aux frontières internationales.
Mais il ressort des résultats des contrôles de la couverture et de la qualité de service dans les réseaux de téléphonie mobile, réalisés en 2007 et 2008 par l'Agence de régulation des télécommunications (ART) que, s'agissant notamment de la couverture comparée des 14 axes routiers par les deux opérateurs, qu'en 2007 comme en 2008, aucun axe n'est couvert conformément aux exigences des cahiers de charges (95%). Le constat a aussi été fait que certains axes ont une couverture inférieure à 50% en 2007 et en 2008.
Quant à la qualité du service, les opérateurs se sont engagés, en vertu de l'article 2.8 des cahiers de charges, à offrir dans l'ensemble de la zone de couverture un service qui devra au moins répondre à un certain nombre de critères de performances. En 2007 et en 2008, le contrôle a été réalisé par l'ART dans les 10 chefs-lieux de provinces et dans 16 villes de plus de 50 000 habitants. S'agissant du réseau MTN, les services techniques de l'ART disent avoir constaté « qu'en 2007, dix villes sur 26 avaient une qualité de service non conforme aux exigences des cahiers de charges contre 20 en 2008 (taux d'appels réussis inférieurs à 92,5% )», tandis que huit villes sur 26 « ont un taux d'appels réussis non conforme en 2007 et 2008 (taux d'appels réussis inférieur à 92,5%) ».
S'agissant du réseau Orange, l'ART a constaté « qu'en 2007, sept villes sur 26 avaient une qualité de service non conforme aux exigences des cahiers de charges contre huit en 2008 (taux d'appels réussis inférieurs à 92,5%) », alors que trois villes sur 26 ont des taux d'appels réussis non conforme en 2007 et 2008 (taux d'appels réussis inférieur à 92,5% ». Qu'est-ce qui est à l'origine de la persistance de certains manquements liés à la qualité du service et à la couverture ? C'est l'objet de ce dossier que nous vous proposons.