PAR REYNALD CLOUET
bruay@info-artois.fr 5Un homme, une association.- Président de l'association France-Bangou, Hippolyte Nkongep est né au Cameroun. Il y a quatre ans, cet inspecteur des impôts a décidé de monter une association humanitaire pour venir en aide aux enfants de Bangou (Cameroun), son village natal. « L'association est née de mon rêve. Je suis venu en France pour une greffe du coeur. Je m'étais dit, si je m'en sors, je retournerais à Bangou et j'aiderais les enfants. Ma vie est faite de dons. Je ne peux pas me contenter de ce que j'ai reçu. Je dois renvoyer l'ascenseur. Quand je suis né, il n'y avait pas de livres pour les enfants de Bangou. Aujourd'hui, 291 enfants étudient sur les bancs de l'école. J'ai eu ce bonheur de voir la joie dans le regard des enfants. Les ONG font ce qu'elles peuvent mais elles ne peuvent pas être partout. La coopération décentralisée prouve qu'elle est efficace.
» 5Réalisations et projets. - « Avec 11 000 E, l'association France-Bangou est parvenue à financer la construction d'une école qui accueille 291 enfants depuis la rentrée de septembre. Le conseil général a versé 1 500 E , la Région 2 500 E, l'association entre 3 et 4 000 E. Le résultat en valait la peine. Tayo II, le roi du village de Bangou (vaste territoire rural de 30 km² pour 20 000 habitants à l'ouest du Cameroun) a été reçu à l'Assemblée nationale et à Locon le 8 mai 2008. Il a présenté ses remerciements. Depuis, c'est un espace multimédia qui a vu le jour. » Hippolyte Nkongep ne s'en contente pas. Sur place, les jeunes quittent Bangou, espérant trouver du travail à Douala ou à Yaoundé. La culture du café ne rapporte plus grand-chose, d'où l'idée de construire une pimenterie pour relancer cette culture traditionnelle des Hauts-Plateaux.
5Journée culturelle. - Hier, quelque deux cents personnes ont fêté les quatre ans de l'association France-Bangou dans la salle polyvalente de Ruitz. Parmi eux, des Parisiens, des Amiénois et une poignée de Ruitelots. Le thème retenu cette année portait sur la culture culinaire. Les présents ont dégusté des plats à base de manioc. En outre, des comédiens ont joué une saynète dénonçant les pièges de l'Internet. Il s'agissait enfin de rendre compte des réussites et des projets de France-Bangou, une association qui a vu le nombre de ses adhérents multiplié par quatre en trois ans. •