Le chef de projet du Programme d'appui à la structuration de la société civile au Cameroun parle du rôle de cette structure européenne au Cameroun.
Vous revenez du Brésil où vous avez pris part au dernier sommet alter mondialiste de Belem du 27 janvier au 1er février 2009. Quelle était la particularité du rendez-vous de cette année ?
D'année en année, le nombre des participants au Forum social mondial (Fsm), qui s'est tenu à Nairobi il y a deux ans, augmente. Environ 120.000 personnes venues du monde entier pour participer à plus de 500 ateliers répartis en quatre jours dans deux immenses campus universitaires. Bien sûr, la question de la crise économique et la crise climatique ont été au cœur des préoccupations à Belem. La nouvelle donne de l'administration américaine avec l'élection de Barack Obama a été débattue. Sur la crise économique, le désarroi des participants au Forum de Davos confirme que les intuitions du processus de Porto Allegre lancé en 2001 étaient bonnes.
Y a-t-il eu des réflexions et des discussions pertinentes concernant l'Afrique et le Cameroun en particulier ?
Les Africains n'étaient pas très visibles. Il y avait des militants nigérians, sénégalais, d'Afrique du sud, et bien sûr Camerounais. Il y a deux ans, l'Afrique était au cœur du Forum social. Cette année, on a parlé de la préservation des cultures indigènes du fait de la tenue du Forum an Amazonie. Cela ne veut pas dire que l'Afrique était absente. La plupart des questions traitées (migrations, ressources naturelles, écologie, forêts, droits économiques et sociaux, l'ancrage africain des mouvements sociaux, etc.) sont transversales à tous les continents. C'est d'ailleurs ce qui fait la force du Fsm. La dizaine de militants camerounais a travaillé sur les convergences des mouvements sociaux, sur les migrations, l'intégration des quartiers par le football, les ressources naturelles, bref les Camerounais avaient quelque chose à dire. Le Programme d'appui à la structuration de la société civile au Cameroun (Pasoc) a appuyé la participation à ce Forum de quatre organisations camerounaises (la Csp, le Caqof, Un monde à Venir et la Foscam. Le Président d'Afri-Cité était également présent ainsi que le président de Forum Cameroun.
En quoi un évènement comme celui-là peut-il être utile aux Organisations de la société civile du Cameroun (Osc) ?
Il faut que les organisations de la société civile, au Cameroun, se rendent compte que la plupart de leurs préoccupations (environnement, droits de l'homme, inégalités, santé publique, etc) sont de plus en plus des problèmes qui doivent se comprendre au niveau global, transfrontalier et que les solutions doivent être recherchées à un niveau global. Des contacts entre organisations de la société civile au niveau mondial ne peuvent qu'être utiles.
Qu'apporte le Pasoc (Programme d'appui à la structuration de la société civile au Cameroun) aux Organisations de la société civile ?
Le Pasoc offre des outils. Il n'intervient pas dans les processus ou les débats internes à la société civile. Vous n'aurez jamais une " position " du Pasoc sur tel ou tel sujet. Le Pasoc n'est pas un acteur mais une boîte à outil que les Osc peuvent utiliser si elles le veulent : financements de réunions statutaires, prises en charge des couts de réunion, financements de sites Web, accompagnement de processus de regroupement, formations, appuis aux activités de plaidoyer, le financement de participation aux agendas internationaux, etc. De plus, le Pasoc qui a vocation à travailler sur l'ensemble du territoire a mis en place dans chaque région une structure qui le représente
Pour qui roule le Pasoc ?
Le Pasoc est un programme financé par l'Union européenne sous maîtrise d'ouvrage du Minepat. Il roule pour les citoyens camerounais organisés collectivement.