La maîtrise et l’implémentation des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC ou plus simplement TIC) sont essentiels dans l’économie du 21e siècle. Le nouvel espace mondial plus globalisé exige en effet des échanges permanents, rapides et efficaces, toutes choses qui ne peuvent s’accommoder d’une gestion des données approximative, manuelle et donc peu fiable et consommatrice de temps. Le fait est que le principal apport des TIC dans le monde moderne réside précisément dans l’extrême facilitation du traitement des données, de leur transfert entre personnes, et plus globalement des communications entre des individus ou des organisations. Nous prétendons que l’Afrique, longtemps plongée dans un retard de développement presque chronique, peut et doit tirer parti de cette formidable opportunité que représente la mise en œuvre des TIC pour établir des processus de fonctionnement visant à faciliter la vie au quotidien des populations. Cela est certainement possible et à coup sûr réalisable, à condition d’avoir une démarche structurée et de viser en priorité les objectifs suivants : • Orienter la mise en œuvre des TIC vers la recherche de solutions à des problèmes liés au contexte local • Engager un effort particulier pour la formation d’une main d’œuvre locale qualifiée en la matière • Vulgariser l’usage des TIC, notamment auprès des lycéens, des étudiants, des administrations et des entreprises et les inciter à les intégrer dans leur fonctionnement • Accompagner les principaux utilisateurs, notamment les opérateurs économiques et les administrations dans leur implémentation des TIC • Encourager l’émergence d’un véritable secteur d’activité de services basé sur les TIC • Privilégier l’usage des logiciels libres généralement gratuits et adaptables à volonté au contexte local. Les points évoqués ci-dessus sont repris dans la suite, en y apportant quelques détails qui constituent notre approche du problème et surtout des solutions à y apporter. 1. Orienter la mise en œuvre des TIC vers la recherche de solutions à des problèmes liés au contexte local : Tous les peuples à travers le monde ont des besoins élémentaires quasiment équivalents (se déplacer, se vêtir, se loger, se nourrir, se soigner etc…) cependant, il est évident que les réponses à apporter aux problèmes posés, pour être efficaces, doivent être adaptées autant que possible au contexte de chacun. En Afrique, au Cameroun par exemple, un logiciel d’aide à la construction doit pouvoir tenir compte des matériaux locaux avec leurs caractéristiques spécifiques (mécaniques, thermiques, d’isolation, de leur coût) , pour fournir des données fiables. Il serait donc totalement aberrant d’essayer de faire la même estimation en se servant d’un logiciel conçu et réalisé en Amérique du Nord ou en Europe. Cet exemple peut être repris dans plusieurs domaines, illustrant ainsi l’incohérence et de fait l’inefficacité de certaines solutions souvent proposées. Il nous semble donc important, dans un premier temps de réfléchir à ce que sont nos spécificités par rapport aux autres et ce dans tous les domaines, ensuite d’imaginer des solutions qui tiennent compte de ces particularités, ce qui suppose d’avoir du personnel compétent pour les mettre en œuvre. 2. Engager un effort particulier pour la formation d’une main d’œuvre locale qualifiée dans les TIC : Comme nous l’avons évoqué, il est indispensable de disposer localement d’une main d’œuvre compétente. L’unique façon d’y parvenir est d’investir fortement et patiemment dans la formation sur les technologies dites technologies Web (langage de script, implémentation de serveurs Web, gestion des bases de données) qui représentent l’essentiel du socle technique à maîtriser. Nous proposons de concentrer cet effort sur les formations de type BAC+2 (DUT, BTS) relativement accessibles à un plus grand nombre d’étudiants et disposant à priori des bases techniques nécessaires, sans exclure les formations de type ingénieur ou autres. 3. Vulgariser l’usage des TIC auprès des lycéens, des étudiants, des administrations et des entreprises : Comment les personnes potentiellement concernées seront elles intéressées si on ne leur démontre pas concrètement l’apport des TIC dans leur activité tout en leur expliquant que tout cela leur est accessible ? Voilà le sens de la vulgarisation proposée et qui doit susciter auprès des différentes cibles l’envie de tester l’usage des TIC. 4. Accompagner les principaux utilisateurs dans leur implémentation des TIC : Une fois l’envie suscitée, il faut aider les administrations et les entreprises, y compris les plus petites, à passer à la phase concrète d’implémentation et d’utilisation des TIC. Il y a là un formidable réservoir d’emplois et d’activité pouvant être réparti entre l’Etat et le secteur privé. Nous proposons que l’Etat profite de cette aubaine pour faciliter l’émergence d’un véritable secteur d’activité lié aux prestations de services dans les TIC. A titre d’exemple, il est souhaitable qu’un fond d’investissement dédié aux TIC soit mis en place sur financement de l’Etat, du secteur privé et pourquoi pas de la Diaspora, afin d’inciter et aider les jeunes à créer des micro-entreprises grâce aux micros-crédits octroyés. Nous prétendons à cet effet qu’une synergie est possible et doit être encouragée entre les étudiants des filières techniques et ceux des filières commerciales et de gestion dans le but de constituer une base solide pour les micro-entreprises créées. 5. Privilégier l’usage des logiciels libres : Les logiciels libres nous semblent être parfaitement adaptés à l’appropriation des TIC dans le but d’implémenter des solutions adaptées à des contextes locaux. L’idée maîtresse qui sous-tend l’existence des logiciels libre est le désir de faciliter l’accès du plus grand nombre aux logiciels et aux bénéfices qu’ils peuvent apporter. Cela explique qu’ils soient le plus souvent totalement gratuits et entièrement ouverts à des modifications de leur code source, soit tout le contraire des logiciels dits propriétaires. Notre propos n’est pas de faire la guerre aux logiciels propriétaires par ailleurs très bien implantés et parfaitement fiables, mais d’affirmer haut et fort ce qui est désormais reconnu par tous, à savoir que les logiciels libres offrent dans tous les domaines une réponse tout aussi fiable avec une souplesse inégalée pour un coût dérisoire, si l’on tente une comparaison avec le coût des licences exigées par les logiciels propriétaires. Bien sûr, tout cela peut paraître quelque peu abstrait ou exagéré si l’on considère qu’en réalité la plupart des utilisateurs, particuliers comme entreprises utilisent des logiciels piratés, c’est-à dire sans en payer le montant des licences. Une telle attitude est évidemment très risquée et à condamner et personne ne saurait parier sur des conséquences à moyen terme. A contrario, les logiciels libres offrent en plus des avantages déjà évoqués, l’opportunité d’apprendre plus facilement les TIC par l’usage et grâce aux nombreuses contributions disponibles sur Internet. Pour terminer, nous proposons un modèle économique intégrant l’ensemble de la démarche abordée précédemment, et susceptible de permettre aux jeunes non seulement de créer leur propre emploi, mais également de contribuer à rendre plus efficace les différents traitements et processus qui rendent l’économie plus performante et concourent à faciliter la vie au quotidien des populations.
PS : le support de la conférence sur le sujet est disponible sur simple demande.