
Depuis quelque temps, certains ménages de Yaoundé n'ont plus aisément accès aux chaînes étrangères, du fait d'une mésentente entre les opérateurs de ce secteur.
«Je ne sais pas ce qui se passe avec mon câbleur. Les images partent souvent pendant quelques jours et quand ça revient, la programmation des chaînes est bouleversée », se plaint Alain N., habitant du quartier Etoug-Ebe à Yaoundé. Chez Mireille Abang, ménagère au quartier Biyem-Assi, c'est le même constat, en plus de la qualité des images qui laisse à désirer. « Les images sont de plus en plus floues. Du coup, les séries qu'on aime regarder n'ont plus grand intérêt », souligne la jeune femme. En effet, les dialogues des séries et feuilletons diffusés sur certaines chaînes sont inaudibles, du fait de grésillements. Quand ce n'est pas la « neige » qui remplace les belles images d'ordinaire très colorées, qui font rêver. « Je suis resté deux jours sans images la semaine dernière, alors que je venais de payer ma facture », ajoute Guy Teguia, commerçant.
Cette situation tend à se généraliser dans la capitale, au grand dam des téléspectateurs. Surtout avec le retour des programmes cultes tels que 24h Chrono, Koh Lanta, etc. Les consommateurs, toujours proches de leurs fournisseurs, ont vite fait d'aller s'enquérir des raisons de ce désagrément qui rend les fins de soirée moroses dans beaucoup de domiciles. «Mon câbleur m'a dit que ses fils avaient été coupés par une main anonyme et qu'il lui faudrait quelques jours pour effectuer les réparations », rapporte Alain N. Depuis un certain temps en effet, les opérateurs de la filière sont dans une espèce de guerre froide. Certains allant jusqu'à saboter le concurrent pour être sûr d'avoir la préférence des clients. C'est d'ailleurs dans cette logique que les locaux de certains opérateurs ont été saccagés. Mais mal leur en a pris, car six des « saboteurs » ont déjà été arrêtés et seront traduits sous peu devant les instances judiciaires.
Un autre câblo-distributeur affirme que pour les opérateurs du secteur qui ont purement et simplement suspendu la distribution des images télévisuelles, il s'agit d'une grève. « C'est notre façon de protester contre les montants élevés que la Communauté urbaine de Yaoundé nous oblige à payer », explique l'un d'eux. Et puisque les premières victimes d'un combat d'éléphants se comptent parmi les herbes et les animaux alentour, les téléspectateurs se contentent des chaînes locales qui ne nécessitent pas une connexion satellitaire.