Portail d'information du Réseau d'organisations de la société civile Camerounaise œuvrant pour les Tics et le développement durable du Cameroun
Quels avantages existent-ils avec l’usage des matériaux de construction locaux ?
Ils sont de plusieurs ordres : sur le plan économique, pour deux maisons aux dimensions identiques, l’une construite en Btc et l’autre en parpaing, le coût total de construction de la 1ère est inférieur à celui de la seconde. En terme de disponibilité de matériaux, la terre est là, pas de pénurie, c’est une véritable alternative au ciment. Sur le plan culturel, en utilisant le matériau terre, l’individu reste fidèle à toutes les valeurs culturelles véhiculées par la terre de son milieu. Sur le plan écologique, en terme de processus de fabrication du matériau, il y a très peu de conséquences nocives sur l’environnement. Par rapport au ciment. En outre, la régulation thermique (chaud quand il fait froid et froid quand il fait chaud dans la maison) entraîne une sous consommation énergétique qui dérègle moins l’environnement. Sur le plan esthétique et sécuritaire, la Btc est plus solide que le ciment. Une balle de fusil ne traverse pas la Btc. Ces qualités sont aussi propres au Btm qui est l’expression du savoir-faire ancestral ; leur durée de vie est illimitée si les constructions sont réalisées dans les règles de l’art et l’entretien normal assuré. Pour ce qui est de la Tmv, elle coûte moins chère que la tôle bac ; elle est à coût égal avec la tôle de 3 m : longue durée de vie, entretien facile, bonne insolation thermique et phonique (contre les désagréments relatifs aux bruits et aux changements de température)
Quelles sont les difficultés rencontrées dans cette promotion ?
Nous avons le problème de fonds pour le financement des productions des matériaux et matériels (presse à briques, broyeur de terre, moule, table vibrante). Depuis la sortie de la circulaire du Pm, on se rend compte que la promotion des matériaux locaux n’a pas connu un vrai décollage. Elle devrait être un élément devant booster la dynamique des matériaux locaux dans les constructions. On semble observer un manque de conviction des services administratifs par rapport à la valeur de ces matériaux. La plus importante difficulté est le manque de conviction des populations, elles n’y croient pas. La construction en terre est une construction par défaut. Sur le plan partenarial, il y a une faible mobilisation. Sur le plan technique, il y a des difficultés dans la diffusion du savoir-faire et une faible maîtrise par beaucoup de promoteurs impliqués dans les constructions en terre.
Qu’est ce qui justifie la préoccupation du Cepab dans la promotion des matériaux locaux de construction ?
Le programme de promotion de ces matériaux est né en 2003 sur l’initiative de Mgr Joseph Atanga évêque du diocèse de Bafoussam. A la suite des pertes humaines observées au cours d’un effondrement des maisons à Bafoussam. Il a donc instruit le Cepab de développer un programme de promotion de l’habitat social. C’est-à-dire de l’habitat au service des plus défavorisés. Fort de la contribution des partenaires extérieures tels que Craterre Ensag France (Centre international de la construction en terre de l’école nationale d’architecture de Grenoble), Mipromalo, etc., le programme a vu le jour.