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Portail d'information du Réseau d'organisations de la société civile Camerounaise œuvrant pour les Tics et le développement durable du Cameroun

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Conflits d’intérêts et trafic d’influence 10874: Vent de panique à MTN Cameroun

Le sponsor officiel de la coupe du Monde 2010 a mal à sa notoriété. La raison en est toute simple, la sérénité jusqu’ici affichée par l’opérateur de téléphonie mobile est sabordée depuis peu par des dissensions intestines au sein de son top management.

Et si un de ses maillons essentiels en a payé le prix, l’entreprise est plutôt entrée dans une spirale indescriptible faite d’appréhensions et de menaces de toutes sortes à l’encontre des distributeurs et certains cadres de l’entreprise relatives à ce qu’il convient de qualifier d’affaire Lengue et à la suite de la citation directe servie au Dg, pour diffamation par ce dernier licencié à l’occasion.


L’affaire, puisqu’il s’agit désormais d’une, remonte à la mi avril 2009. Et si elle ne s’était point ébruitée, ce n’aura été nullement du fait de la direction générale, mais bien plus de celui du haut cadre licencié. Car, autant le motif produit par le directeur général est des plus fallacieux, même s’il tient de «malversations avérées» non assorties de preuves irréfutables à l’encontre du mis en cause (?), autant la direction générale aura pêché par le non respect des procédures commandant le licenciement d’un haut cadre.

 

Et recoupements faits dans les arcanes de l’entreprise, il ne lui aura été servi ni de demande d’explication, ni d’assignation au passage en conseil de discipline et encore moins la saisine du conseil d’administration (recours obligatoire pour un cadre de son rang) pour entériner une décision toute faite de la direction générale. En effet, c’est alors qu’il s’apprêtait à assister au comité de direction hebdomadaire du 15 avril 2009 qu’il a été convié à une réunion (?) en présence de l’avocat de l’entreprise pour requérir sa démission sans qu’aucun  élément supportant les allégations  portées à son encontre ne lui soit présenté, ni opposé.

 

Pire on ne lui aurait pas concédé de s’expliquer sur quoique ce soit. Et devant son refus de démissionner, il se fit licencier. Toutes choses difficiles à réaliser dans une structure clamant haut et fort quelque citoyenneté, mais qui à la réalité est restée ancrée dans des méthodes d’une autre époque. Et parlant singulièrement de cette affaire, nos sources indiquent qu’à la réalité il s’agit de l’exacerbation d’un conflit latent qui opposait depuis quelque temps l’ex-directeur général de la distribution au tandem, Philippe Vandebrouck et Jean Claude Ottou, respectivement directeur général et directeur général adjoint de l’entreprise de téléphonie mobile. A première vue, on pourrait lier cette affaire à quelque guerre de leadership mais on est pourtant loin de cette configuration même si, analyse faite la forte personnalité du haut cadre licencié avait fini par en faire un adversaire pour les deux dirigeants, du reste au crépuscule de leur carrière professionnelle : le premier étant d’ores et déjà atteint par la limite d’âge alors que le second devrait y être en 2010. Mais forts de leur statut respectif, ils ne s’offusquent point d’écraser littéralement leurs proches collaborateurs, usant pour ce faire de méthodes d’un autre genre : mépris, intimidation, langage ordurier pour taire des tares de gestion avérées.

 

Complot et trafic d’influence
Fort de ce qui précède, comment penser un seul instant que pour le licenciement d’un haut cadre la décision ait été unilatérale et ait requis la présence d’un avocat de l’entreprise ? La norme voulant que la direction des ressources humaines soit associée à telle action, mais en l’écartant délibérément la thèse du complot ourdi à l’encontre du cadre ainsi licencié se fait plus nette. En effet, il s’est agi d’une volonté délibérée de mettre à l’étroit un collaborateur légaliste et suffisamment aguerri aux passe-droits que se réservaient ces derniers, au point de réduire leurs collaborateurs à de simples exécutants et pire à des laquais devant leur obéir au doigt et à l’œil, selon la formule consacrée. Et le malheur dudit cadre, bien qu’atypique car attaché à la découverte d’une entorse grave, démontre à suffisance cette assertion.

 

Sinon, comment comprendre que pour avoir entrepris de sécuriser les recettes de l’entreprise mises à mal par des opérations financières compromettantes d’un des distributeurs, en l’occurrence Mme Ottou de la Négresse, il en soit à être taxé de corrompu par ceux-là même qui essayaient au contraire de taire les agissements de cette distributrice qui grevait les recettes de l’entreprise à hauteur de la somme de plus de F Cfa 1 milliard. Une situation qui était pourtant connue de tout le top management, mais qui s’enlisait dans de basses considérations. Mais jouant d’artifice et surtout de trafic d’influence, Mme Ottou qui n’est que l’épouse du DGA, va contraindre le personnel de la distribution, des services clients et des finances à lui livrer des crédits EVD, en violation flagrante des procédures en la matière. En effet, alors qu’elle doit régler ses achats au comptant, elle aurait plutôt déposé des ordres de virements de plus de 1 milliard de F Cfa qu’une banque de la place n’a pu honorer du fait de l’absence de provisions dans son compte.

 

Cette irrégularité aurait certainement valu une rupture unilatérale de contrat pour tout autre distributeur. Il nous devient par conséquent aisé de comment l’acharnement dont aura été victime le cadre licencié qui aurait certainement voulu que transparence et justice soit rendue par rapport à cette situation. De même comprend-on également que, se sachant dans son bon droit, il ne s’exécute point et met à dos ses adversaires déclarés qui dans la panique, lui servent une lettre de licenciement plutôt non motivée. Dans la foulée, on essaie de rattraper la bourde, en commettant pour la basse besogne d’autres dealers de la structure pour faire valider le fallacieux motif de «malversations avérées».

 

Et des sources internes continuent d’indiquer que la directrice reste très active dans la pression exercée sur les distributeurs et autres employés de l’entreprise, pour rassembler a posteriori quelques éléments à charge contre le cadre licencié. Pour preuve, ces distributeurs auraient été convoqués à Douala le 17 avril 2009, soit deux jours après le licenciement de Jules César Lengue Mbangue à l’effet de faire des déclarations sur l’honneur à défaut de voir leurs contrats rompus, s’ils n’accablaient pas le cadre licencié. Mais face à la légèreté des allégations premières dudit Dg, il est inéluctablement coincé, tant et si bien qu’on comprend plus aisément pourquoi, la recherche a posteriori d’éléments incriminants contre ledit cadre licencié, l’écartement de la direction des ressources humaines au moment d’assouvir leur sombre dessein et surtout leur incapacité à produire des preuves au moment de signifier au cadre licencié son licenciement.

 

Sénilité préjudiciable
En commettant l’impair dans l’empressement, le DG aura simplement été desservi par sa sénilité. Sinon, comment penser un seul instant qui ne se soit entouré d’aucune garantie élémentaire au moment de prendre un acte aussi grave ? Notamment, s’en tenir aux dispositions procédurales régissant le licenciement d’un haut cadre ? En effet, fut-il pour motif grave, il est toujours concédé au mis en cause de s’expliquer à l’effet de mieux évaluer le degré de sa forfaiture, si forfaiture il y a peut-on détenir à l’encontre d’un collaborateur des preuves irréfutables attestant de ses malversations sans les lui produire ? Si la réponse à cette question est négative à l’évidence, elle démontre les manœuvres sibyllines usitées par le tandem évoqué plus haut pour évincer celui par qui, pouvait arriver leur forfaiture, au moment de se réserver quelque retraite dorée.

 

Et c’est effectivement le cas de le croire car, non seulement Mme Ottou doit être retirée du circuit de distribution. Or, l’imminence d’une telle éventualité allait inéluctablement déteindre sur son époux et remettre au goût du jour tous les précédents attachés au trafic d’influence de son épouse. Mais en essayant d’éviter ce qu’il croyait être le mal, le tandem s’est inexorablement enlisé dans le pire, tant il est désormais établi qu’il préserve des intérêts occultes et inavoués, tenant pour chacun des deux membres de secrets qu’on ne saurait étaler ici et relatifs à leur vie privée respective. Mieux, ledit tandem nous sert littéralement sur du plateau, les manœuvres récurrentes déjà décriées en son temps par notre organe.

 

Conspiration malveillante
Poussant plus loin notre enquête dans le sillage de l’entreprise de téléphonie mobile, on apprendra en coulisses que les distributeurs ont été mis à contribution pour épingler Jules César Lengue Mbangue. Mais si certains, notamment ceux qui agissent en sous main pour le compte de dame Ottou se sont prêtés au jeu, les plus honnêtes reconnaissent plutôt la probité morale du mis en cause. Et depuis lors, la direction générale est littéralement sur le qui-vive, ce d’autant plus le syndicat  corporatiste n’a pas hésité de prendre fait et cause pour le haut cadre injustement mis à la porte, tant il est vrai que le rapport d’audit à l’origine de la discorde établit clairement les manœuvres compromettantes de dame Ottou dans l’acquisition des crédits EVD. Et le conseil d’administration entamé depuis hier, s’en trouvera très certainement bouleversé, ce d’autant plus que la maison mère sud-africaine est d’ores et déjà au parfum des motifs réels de la vague de démissions et autres licenciements ayant cours dans la boîte devenue le haut lieu de conflits d’intérêts et surtout de trafic d’influence.

 

Pire, désormais assignée en justice par le haut cadre Jules César Lengue Mbangue qui doit certainement disposer d’autres ficelles compromettantes à l’encontre aussi bien du Dg que du Dga, la notoriété de l’entreprise s’en trouvera fortement érodée à un mois seulement de la coupe des confédérations et à un an de la coupe du monde. Aura –t-on simplement mesuré la portée de cette conspiration malveillante, où les intérêts qu’on essaie maladroitement de protéger sont-ils suffisamment importants pour compromettre autant la vie d’une structure que d’y saper l’engouement du personnel ? A l’évidence, on ne s’y sera pas astreint, tant on essaie désormais de muer l’affaire en opposition ethnique au sein de MTN. Le recours par excellence de ceux qui se savent coincés pour une carence d’arguments.

 

Un peu comme à l’ère de l’indigénat, MTN semble usiter de méthodes d’un autre genre en matière de gestion de ses ressources humaines. Et subissant dès lors l’effet boomerang, attaché à de telles pratiques, la saignée qu’observe l’entreprise en matière de cadres est révélatrice du climat délétère y instauré par le tandem évoqué plus haut et qui se sait désormais en minorité, au moment où se tient un conseil d’administration qu’on pourrait qualifier de tous les dangers pour eux.
Affaire à suivre…

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