Cameroun: Ape - Les inquiétudes de la société civile
04.03.2009
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Par Christian Lang/Le messager
Les négociations de l'Ape entre le Cameroun et l'Union européenne. Quel bilan et quel avenir après la signature de l'accord d'étape du 15 janvier 2009 ? C'est le thème d'une conférence organisée hier à Yaoundé Selon Raymond Ebalé, président de l'Association pour la sensibilisation sur les accords Acp-Ue (Asac), « l'Union européenne fait pression sur le Cameroun on ne sait pas pourquoi ». Pour lui, « l'impact des Ape [accords de partenariat économique, Ndlr] n'augure rien de bon », poursuit-il. Le président de l'Asac a donné une conférence de presse mardi 3 mars 2009 à Yaoundé. Au menu : « les négociations de l'Ape entre le Cameroun et l'Union européenne. Quel bilan et quel avenir après la signature de l'accord d'étape du 15 janvier 2009 ? ». L'Union européenne négocie avec les pays d'Afrique centrale et avec la Cemac. Malheureusement, tous les pays présumés concernés n'ont pas le même niveau d'implication. Conséquences : les pays d'Afrique centrales, dans certains secteurs d'activités, disposent de réglementations internes. Mais il n'y a pas de cadre réglementaire à l'échelle communautaire selon les propos de Jacob Kotcho, secrétaire permanent de l'Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic). Il ajoute que l'Union européenne, dans les négociations, a fait preuve de « rigidité. L'Union européenne ne fait pas de concession ». Pour cela, « il y a une menace sérieuse qui pèse sur l'intégration en Afrique centrale ». Christine Andela des Jeudis de Cotonou quant à elle pense qu'il y a une rupture entre les perceptions techniques et idéologiques sur les Accords de partenariat économique. A qui imputer cette divergence de perception ? Si l'Union européenne est rigide dans ses positions, Jacob Kotcho pense que les Etats d'Afrique centrale ont leur part de responsabilité dans ce dossier. « La responsabilité n'incombe pas seulement à l'Union européenne. Elle incombe aussi à nos politiques ».
Les Ape vont aboutir à l'ouverture des frontières. Ce qui va entraîner une libre circulation mutuelle des produits dans les différents espaces commerciaux. Mais les entreprises d'Afrique centrale n'ont pas les mêmes performances que les multinationales d'Europe à la compétitivité avérée. Nos produits, dans ces conditions, ne courent-ils pas le risque de se faire étouffer par la concurrence extérieure ? « Notre environnement n'est pas de nature à rendre nos entreprises compétitives. La compétition va être rude et nos entreprises vont souffrir », répond Jacob Kotcho.