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Portail d'information du Réseau d'organisations de la société civile Camerounaise œuvrant pour les Tics et le développement durable du Cameroun

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Bafoussam, la ville des grands chantiers inachevés

Electricité : Les 820 lampadaires toujours attendus
La ville connaît un énorme déficit en éclairage public.

Les 820 lampadaires qui devaient illuminer la ville tardent à sortir de l'ombre. Le Paccdu a pourtant entièrement financé ce projet à hauteur de 175millions. L'électricité publique reste un bien vain mot dans la ville de Bafoussam. Chacun se débrouille comme il peut, pour illuminer son trajet, s'il ne veut pas se laisser emporter par l'obscurité et l'insalubrité.  Très peu d'habitants de cette ville, classée comme la 3e du pays, doutaient de se retrouver dans cet état, il y a 12 mois. Le 22 février 2007, le préfet de l'époque Baba Ngamdji, convoque la presse et annonce publiquement le lancement d'un chantier, visant à électrifier la ville et à réhabiliter les 5 feux tricolores qui existent dans la ville de Bafoussam et que ne fonctionnaient plus depuis des lustres. "Un chantier qui va durer 3 mois et financé à hauteur de  "175millions de Fcfa, hors taxes,  grâce à un partenariat entre l'Union européenne et le gouvernement du Cameroun ", précise le préfet. Une cérémonie officielle à grand renfort de publicité, est même initiée le 3 mars pour le lancement du projet.  Jean Claude Kamga, l'ingénieur en charge des travaux, précise qu'ils vont installer 820 lampadaires dans la ville. Le Paccdu, qui a principalement financé le projet, a bouclé ses valises et quitté la région, sans réceptionner cet ouvrage. Un an après le lancement du chantier, seul les feux tricolores ont été réhabilités. Quelques lampadaires et réverbères ont été installés. Force est de constater que la ville peine à être illuminée. L'un des responsables techniques de la société qui est en charge du chantier assure qu'ils sont presque sur le point de s'achever. " Nous avons été obligés de multiplier les déplacements en Europe pour l'acquisition du matériel tel que les lampes, que nous n'arrivons pas à trouver au Cameroun. Il faut aussi ajouter à cela l'incompréhension avec la société Aes Sonel qui gère l'énergie électrique au Cameroun. Ce sont des aléas que nous n'avons pas prévu au moment où nous avons entamé le chantier".

Pour ce qui est des chantiers de distribution d'eau dans la ville, peu de personnes veulent se prononcer. Alphonse Siyam Siwé est le dernier ministre de l'Eau et de l'Energie à avoir effectué une tournée technique officielle dans la ville de Bafoussam. C'était en février 2005. Après avoir observé l'évolution du chantier  d'hydraulique rurale  lancé depuis le 31 août 2002 dans le cadre du projet d'appui du partenariat multisectoriel de réduction de la pauvreté financé par le programme des nations unies pour le développement, l'ex-ministre de l'Eau et de l'Energie était venu à Bafoussam effectuer le lancement du projet  d'extension du réseau hydraulique de la ville. Le projet annoncé n'a jamais été entamé sur le terrain.

 

Salubrité : Capitale régionale de la saleté
La ville de Bafoussam s'est classée dernière au concours d'hygiène et de salubrité initié par le gouverneur de la région de l'Ouest.

Le dernier classement du concours d'hygiène et de salubrité initié par le gouverneur de la région de l'Ouest, fait de la capitale de cette région, une fois de plus, la ville la plus sale. Une position qui ne souffre d'aucune contestation dans les bureaux et chaumières. La discussion est renvoyée sur le volet des responsabilités. La population à tôt fait de pointer un doigt accusateur sur la société Hysacam qui, depuis le 1er août,  à la responsabilité de veiller sur l'hygiène et la propreté de la ville. Hysacam, pour sa part, affirme avoir bien fait son travail. "Même si la communauté urbaine de la ville n'honore pas sa part de contrat, nous avons fait disparaître les tas  d'ordures dans la ville et nous continuons à assumer les missions qui nous ont été assignées dans le cahier de charge", affirme  Valentin Nzwinda, le responsable de la communication de la société Hygiène et  salubrité du Cameroun dans la région de l'Ouest.

Les populations critiquées pour leur moralité incorrecte qui consiste à toujours jeter les ordures un peu partout, se retournent vers les autorités qui ne s'emploient pas à faire de cette ville une ville propre. " Regardez comment les routes sont poussiéreuses. Comment voulez-vous qu'on parle de propreté dans ce cas", s'écrie Joseph Sikati. "C'est une ville fantôme qui se caractérise par les chantiers abandonnés", poursuit-il. Personne ne fournit un quelconque effort et se contente de renvoyer la faute aux autres. C'est un directeur d'école qui nous propose ce qui, pour lui, est la  bonne formule. " Nous allons nous-mêmes contrôler  les chantiers de la ville, du début à la fin. J'ai eu deux fois des financements publics pour construire des salles de classe dans l'établissement que je dirige. Je vous assure qu'il a fallu que je me passe de la délégation régionale, qui est chargée du contrôle, pour marquer à la culotte l'entrepreneur qui a gagné le chantier comme je surveille mes élèves, pour qu'ils maintiennent l'établissement propre, afin qu'ils finissent le chantier ".

 

stade omnisports : Plus de 4 milliards de Fcfa engloutis
Le chantier n'a jamais été achevé.

Le tout premier chantier du stade omnisports de Bafoussam, demeure inachevé. Lors de leurs différents passages à l'Ouest, tout les ministres de la Jeunesse et des Sports qui ont défilé au gouvernement lors de ces 30 dernières années, ont toujours promis d'envoyer des techniciens, achever la construction de ce stade prévu pour disposer d'une capacité de 25 000 places assises. Le stade omnisports de Bafoussam, dont les travaux débutent en 1979, devait, selon les plans, avoir 2 tribunes, un terrain de football, une piste d'athlétisme praticable, 2 dortoirs qui devaient accueillir 100 lits chacun, une cabine de reportage, une tribune d'honneur non couverte. Après un premier arrêt, les travaux reprennent en 1988. Sur les 7 milliards prévus comme budget de réalisation, les entreprises SOBEA, Nanga & Cie, qui ont en charge la réalisation technique du travail, viennent de percevoir, selon certaines sources officielles, 4 milliards Fcfa.

 Elles se mettent à l'ouvrage et abattent le travail à plus de 60%, en quelques mois. Ne percevant pas la suite du financement, les entrepreneurs vont laisser le chantier et se fondre dans la nature. Au moment de leur départ, il ne restait plus à construire que la tribune latérale, le toit de la tribune d'honneur, les parkings, la clôture, installer l'électricité, l'eau, l'équipement des différents blocs, les autres aires du jeu. Aujourd'hui, il y a tout de même un fossé entre les différentes déclarations des ministres et la réalité sur le terrain. La piste d'athlétisme, bien aménagée, permet à la région de l'Ouest d'organiser des compétitions d'athlétisme qui respectent quasiment les normes internationales, selon Jean Claude Kammogne, l'entraîneur régional dans cette discipline. A côté des aléas de la nature qui contribuent à la détérioration du chantier, les vandales passent aussi par là et continuent à augmenter les pertes.

 

Administration : Délégations régionales sans bureaux
Quelques immeubles devant abriter les services ministériels demeurent en chantier.

L'immeuble qui doit abriter les services de la délégation régionale du ministère des enseignements secondaires, et celui du ministère de l'Education de base à Bafoussam est en partie terminé. A écouter les techniciens, les travaux de finition de cet immeuble de 3 niveaux, qui se dresse avec fière allure en face du lycée technique de Banengo Bafoussam, se limitent actuellement à la pose des carreaux et à l'installation de l'eau, l'électricité et des câbles. Entamé depuis l'époque où il n'existait qu'un seul ministère en charge de l'Education nationale, ce chantier est pourtant sur papier, l'un des plus récents initiés pour abriter les services officiels de la république, tel que les services ministériels dans la capitale de la région de l'Ouest.

Il faut aller à la place des fêtes de la ville,  pour retrouver, sous les herbes, juste au voisinage de l'immeuble de la Caplami, la fondation et quelques dalles implantées au sol. Cela devait être un immeuble de deux niveaux, destiné à abriter les services régionaux du ministère de la Jeunesse et des Sports. Selon certaines sources bien introduites, ce chantier avait été arrêté en 1986, faute de moyens financiers. Prévu pour être réalisé avec un budget d'un milliard de Fcfa, le chantier a été arrêté, alors que l'entreprise chargée des travaux avait déjà reçu la première moitié du financement. Avec la crise, le gouvernement n'a pas pu  honorer ses engagements. Les mêmes causes, selon nos sources officielles, ont produits des effets similaires pour le projet de construction d'un immeuble de 5 à 6 niveaux devant abriter d'autres services. Cet immeuble, qui devait être une copie conforme de l'immeuble interministériel de Bafoussam, devait se trouver en face du tennis club de la ville.*

Écrit par Honoré Feukouo /LE JOUR

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