Portail d'information du Réseau d'organisations de la société civile Camerounaise œuvrant pour les Tics et le développement durable du Cameroun
Ces méthodes s’avèrent être des solutions fiables aux problèmes de maladies liées à l’eau qui ont cours dans cette communauté.
En fin de semaine dernière, la campagne de sensibilisation et de démonstration de nouvelles techniques pour recueillir de l’eau potable, que mène l’association Hydro santé, était au quartier Djeugo par Bahouan. Une cinquantaine de femmes, membres de réunions villageoises, ont fait le déplacement pour se faire former dans une sorte d’école sous l’arbre. Marcel Fotsing, le formateur, avait pour mission de leur donner quelques conseils pratiques qui les aideront à combattre les maladies hydriques en attendant que le processus d’adduction d’eau qui est en cours aboutisse.“Il y a de cela plusieurs années que le gouvernement nous a promis de l’eau potable. Jusqu’aujourd’hui nous continuons d’attendre”, s’est indigné une maman au cours de ladite rencontre. “Ça va arriver maman mais en attendant, il faudrait d’abord faire ce que je vais vous enseigner ce jour”, rétorque Marcel Fotsing.
Les enseignements du jour ont consisté à puiser de l’eau de rivière ou de puits, la mettre dans des bouteilles d’eau minérale bien nettoyées. “Avant de faire le plein de la bouteille, il faut toujours la secouer afin d’enlever le gaz. Puis la remplir et refermer”, conseille t-il. Une fois les bouteilles remplies, elles sont couchées sur la toiture de la maison ou sur un morceau de tôle surmonté à l’aide de quatre parpaings. “Quand la chaleur dégagée par le soleil et la tôle sont en contact avec votre bouteille d’eau pendant environ six heures, elle tue automatiquement les microbes qui s’y trouvent. Par la suite vous pouvez porter votre eau (refroidie) et la boire sans crainte au bout des trois jours qui suivent”, explique-t-il.
De l’avis de sœur Catherine qui s’occupe d’une aire de santé de la place, le bois pour bouillir de l’eau coûte souvent cher au village. En plus, les femmes disent ne pas avoir de moyens pour javelliser l’eau avant de la consommer. “Nous pensons que cette technique est à leur avantage et il suffi d’un peu de volonté pour se mettre à l’abri de certaines maladies”, soutient-elle. Cette séance de démonstration a été reprise par plus d’une bénéficiaire. Les actions ainsi menées par l’association Hydro santé rentrent dans le cadre du projet plate forme santé élaboré entre la commune de Bamendjou et l’Ong Zenü Network (Le réseau des savoirs) qui œuvre pour le développement local. Avant cette phase pratique qui était le clou de la rencontre du jour, les populations ont été sensibilisées sur les dangers qu’elles courent en consommant, sans les traiter, les eaux des puits et des rivières. D’après un constat fait à Bahouan, village de l’arrondissement de Bamendjou, département des Hauts-Plateaux, les populations et les animaux s’abreuvent souvent à la même source. Au passage, les seconds défèquent dans les rivières, les puits ou encore aux alentours. Ce qui augmente les risques de contamination. L’ankylostome, le paludisme, le choléra, la fièvre typhoïde et la diarrhée sont entre autres les maladies dont souffrent le plus les habitants du village Bahouan. Sur 191 personnes consultées en fin 2008, 131 souffraient de la fièvre typhoïde. Quelques cas de choléra ont très souvent été enregistrés et très vite maîtrisés. Dans cette même perspective, les statistiques des consultations cliniques font état de ce que les maladies hydriques viennent en 3e position dans la commune de Bamendjou qui a soif d’eau potable.
Écrit par Blaise Nzupiap Nwafo /mutation